Aller au contenu principal du site
06 48 55 70 50

Votre panier est vide

L'histoire de mon 1er CD Rêve d'Enfant - La genèse

C'est vrai, aujourd'hui je peux dire fièrement que j'ai sorti mon premier disque, Rêve d'Enfant. Je peux en parler, en emmener un carton avec moi à chaque concert, j'ai enfin réalisé ce rêve qui me tenait tant à cœur. Ce ne fut pas sans des mois de travail, de questionnements intenses… 

 

 

Non, faire un disque cela ne signifie pas seulement enregistrer les chansons et hop ! Le tour est joué ! Encore moins quand vous êtes en autoproduction, c’est-à-dire que vous n’avez ni label, ni producteur, comme c’est actuellement mon cas

 

 

Le gros avantage est de pouvoir décider d’absolument tout soi-même, ce qui n’est pas négligeable ; le revers, c’est l’obligation d’être présent sur tous les fronts. J’avais donc envie de vous raconter, aujourd’hui, l’histoire de Rêve d’enfant, de son ébauche jusqu’à sa sortie.

 

 

Un projet embryonnaire

 

En janvier 2018, lors d'une scène ouverte, je fais la connaissance d'Olivier Ducruix. Lui aussi est auteur compositeur interprète, il chante en s'accompagnant de sa guitare. Je suis immédiatement frappée par son sourire franc, direct. 

 

Quelques semaines plus tard, j'obtiens ses coordonnées et le contacte. Non seulement, il a sorti déjà trois disques, il se produit régulièrement en concert, mais il est aussi concerné par la cécité et il doit donc avoir une idée assez juste des difficultés auxquels on peut être confronté. Il a probablement su s'entourer de bonnes personnes et c'est ce dont j'ai besoin.

 

Je me sens bien démunie depuis que j'ai quitté la fac. L'époque où j'avais un cadre me manque, j'ai l'impression d'avoir été jetée sans filet dans une arène où je peine à reprendre mon souffle, à m'équilibrer.

 

Olivier se montre amical et généreux, comme je l'avais pressenti lors de notre première rencontre. Il m'écoute, me conseille et met tout de suite en place un plan d'action pour que les choses avancent pour moi. Il me propose l'appui de son association MBJ-chansons, qui a justement pour but d'accompagner des artistes, pour enregistrer et réaliser un cd de cinq titres. 

 

L'idée m'enchante, j'ose à peine y croire. Cinq titres? Mais je n'en ai pour l'instant que deux ! Vu le temps que je mets pour écrire, il va me falloir encore des années ! 

 

Olivier se montre bienveillant, une nouvelle fois. Il m'encourage et me propose même son aide, si j'en sens le besoin. Il affirme que je vais avancer plus vite que je ne l'imagine et que l'on pourrait s'atteler à l'enregistrement pendant l'automne ou l'hiver prochain, soit, au plus tard, dans un an.

 

photo-mancia-concert

 

Nourrir le projet

 

Les mois suivants, je me remets à l'écriture et à la composition plus assidûment que jamais. Les idées de chansons ne manquent pas et cette perspective de disque me donne un nouvel objectif, leur donne une nouvelle raison d'exister.

 

Un soir d'avril, alors que je tente en vain d'écrire sur un thème qui m'est cher, j'envoie sur un coup de tête un mail à Olivier. Je lui déballe tout, je lui raconte ce petit bout de ma vie que j'ai besoin de mettre en musique et je l'envoie sans même me relire, de peur de changer d'avis. Quelques jours plus tard, Olivier me répond par un magnifique texte qu'il a écrit à partir de ce que je lui ai confié. C'est ainsi que naît «une voix dans le lointain». Difficile d'oublier la vive émotion qui m'a saisie en découvrant ce texte, auquel j'ai peut-être changé deux mots, en tout et pour tout...

 

Lors d’un week-end à la montagne, tourne dans ma tête une curieuse petite mélodie. Vive, pétillante, elle commence par « J’ai 20 ans ». Elle me suit, me poursuit, me nargue, me chuchote : « attrape-moi et colle-moi des mots, si tu peux ! » Il faudra pourtant plusieurs mois avant que je termine le texte de ce qui deviendra Lucrezia…

 

C’est ainsi que je construis pas à pas mon répertoire et une autre personne vient renforcer ma détermination. 

 

Laurie fait son entrée, ou plutôt son retour dans ma vie en août 2018. Laurie Coumétou, cette amie de lycée avec qui j'ai partagé des moments forts et qui, aujourd'hui, connait les rouages de la communication.

 

Avec elle, j'apprends que savoir «bien chanter» ne suffit pas, qu'il faut savoir créer une communauté avec laquelle on se doit d'être sincère, authentique. Je découvre que communiquer n'est pas un crime, tout au contraire. Pendant de nombreuses heures, nous travaillons de concert sur les réseaux sociaux, le site, les projets à terme, réfléchissant et échangeant nos idées. Parfois, je prends peur quand elle se met à me détailler la masse de travail que nous avons à abattre, quand elle m'entraîne sur les terrains du démarchage ou de la communication que je ne connais que trop peu. Mais nous avançons, avançons.

 

manicia-essaie-appareil-photo

 

Automne 2018, j'ai six chansons !

 

J'en suis la première étonnée. Moi qui étais effrayée à l'idée d'en avoir cinq pour l'hiver, voilà que je vais devoir faire un choix, en retirer une. Le projet commence à prendre forme. 

 

Je sonde Olivier ainsi que mes proches pour savoir quelle chanson ils retiraient, mais je n'obtiens pas de résultat concluant, pas une majorité écrasante qui m'indiquerait quelle est la moins appréciée. La décision me revient donc, à moi seule. C'est pour moi évident de mettre «Des gens normaux», «Que restera-t-il», «Lucrezia» et «Une voix dans le lointain» bien sûr. 

 

Mais pour la dernière, «Ce soir» ou «Continuer à vivre»? Entre les deux, mon cœur balance. Je décide de remettre le choix à plus tard, ce n'est pas comme si nous n'avions pas plein d'autres choses à voir.

 

Viennent ensuite les détails pratiques. Où enregistrons-nous? Est-ce qu'on prend des musiciens? Je suis catégorique : je souhaite être accompagnée par un pianiste. Certes, j’ai de bonnes bases en piano, mais je souhaite trouver quelqu’un dont c’est l’instrument de prédilection, au même titre que la voix l'est pour moi.

 

Olivier pense alors à Jean-Luc Michel, ce pianiste plutôt calé en chanson française puisqu'il a accompagné la chanteuse Michel Bernard pendant de nombreuses années. Nous prenons contact avec lui, il semble intéressé. Je lui envoie mes morceaux afin qu'il se familiarise avec, puis nous décidons de nous rencontrer. 

 

C'est ainsi que, par une après-midi de décembre, Olivier et moi nous retrouvons devant la porte de la maison de Jean-Luc. Après un accueil chaleureux et un café, nous voici dans son studio. Je m'imprègne du lieu. Si c'est ici que je dois enregistrer, interpréter ce que j'ai de plus précieux, il faut que je me sente à l'aise entre ces murs.

 

Quelques instants plus tard, Jean-Luc se met au piano et commence Lucrezia. «On essaie un coup? » me lance-t-il. En cet instant précis, je suis intimidée, déstabilisée. 

 

C'est la première fois que je laisse quelqu’un d’autre interpréter mes chansons et j’aimerais bien pouvoir aller me cacher sous la table, ou derrière les piles de matériel. Mais je ne fais rien de la sorte. Au lieu de cela, je me redresse et j'entonne tant bien que mal les premières notes de Lucrezia. 

 

A la fin de la chanson, c'est le choc ! Jean-Luc, ce grand monsieur aux grandes mains, à la grosse voix, ce musicien avec son oreille absolu, ces dizaines d’années d’expériences et sa sensibilité, ne s'est pas contenté de repiquer mon morceau note par note, accord par accord, il y ajoute sa touche personnelle, l'agrémente, l'enrichit de nouvelles couleurs et je ne pouvais pas espérer mieux. Il sublime déjà le morceau alors qu'il le joue pour la première fois ! 

 

Je n'ai plus de doute, nous allons faire un disque magnifique. Nous prenons date pour le début de l'enregistrement et Jean-Luc et moi convenons de nous revoir avant, pour répéter un peu.

 

Les répétitions sont pour moi un vrai plaisir. Entendre mes chansons à travers les oreilles de Jean-Luc me montre des possibilités musicales auxquelles je n'aurais pas pensé. Il ne se contente pas d'être dans sa bulle comme font de nombreux musiciens il sert la chanson. Il lit les paroles et m’écoute ; nous nous répondons, nous complétons. Libérée du piano, je peux enfin me consacrer pleinement au chant, comme cela ne m'était pas arrivé depuis des mois. Je savoure l'instant !

 

manicia-kotopo-piano

 

L'accouchement commence.

 

C'est un lundi pluvieux de janvier. Olivier et moi nous hâtons vers la maison de Jean-Luc. Nous ne nous souvenons plus tout à fait du chemin et la pluie battante nous empêche d'utiliser nos GPS. Nous finissons par nous retrouver et Jean-Luc ne se formalise même pas de notre retard.

 

L'enregistrement débute. Jean-Luc porte la casquette de pianiste mais aussi celle d'ingénieur du son. Quand nous sommes arrivés, il avait déjà installé les micros, les casques. Quand il ne joue pas, il règle les problèmes techniques, démarre et arrête l'enregistrement. Il va s'occuper du mixage, de l'équilibre parfait entre le piano et la voix, des effets à mettre sur cette dernière pour la mettre en valeur sans que cela semble surfait. Autant vous dire que le travail ne manque pas. 

 

Olivier est présent, toujours. Il ne chante pas, bien sûr, mais il écoute, donne son avis et semble véritablement heureux d'être là. Quant à moi, je suis comme anesthésiée. Je suis là, prête à chanter, à tout donner, pourtant je crois que je ne réalise pas encore que je suis en train d'enregistrer mon propre disque. Je ne trépigne plus, n'est plus le cœur battant et cela me perturbe. Qu’est-ce que c’est que ce foutu manque d’enthousiasme ? Je suis en train de réaliser un de mes rêves, bon sang !

 

Malgré tout, la journée passe très vite. Pour chaque morceau, nous faisons trois ou quatre prises, avant de toutes les réécouter et de décider laquelle nous servira de base. Une fois que c'est chose faite, nous la réécoutons encore et, comme aucune prise n'est parfaite, quand nous détectons une phrase moins bien articulée, quelques notes un peu moins juste, nous allons écouter les autres prises et si nous trouvons mieux, nous collons le petit bout de phrase sur notre prise de base. Cela fait comme une sorte de patchwork. Le savoir-faire de l'ingénieur du son, c'est qu'à la fin, tout cela ne soit ni vu, ni connu, qu'on est l'impression que la chanson a été enregistrée d'une traite. Il faut user de cette méthode avec parcimonie, pour que le morceau n'y laisse pas son âme. Cela nous oblige à réécouter un même passage pendant de nombreuses minutes, Et, à la fin, j’ai envie de dire à la dame qui chante dans les enceintes : « Ta gueule, maintenant ! »

 

Nous sommes efficaces et à la fin de la journée, nous avons enregistrés quatre morceaux sur cinq. Je n'ai toujours pas décidé quel sera le cinquième, d'autant que je me suis lancé dans l'écriture d'une chanson plus gaie, à l'humour décapant. Si seulement j'arrivais à la finir rapidement…

 

Nous laissons Jean-Luc travailler. Il est perfectionniste, entre sa partie de piano dont il corrige la moindre note qui ne lui convient pas et le mixage de chaque morceau, il a beaucoup à faire.

 

manicia-studio-enregistrement

 

Le cinquième morceau

 

Je ne sais pas écrire une chanson rapidement. J'ignore comment font ces artistes qui disent avoir composé en une heure ce qui deviendra un tube, car, en ce qui me concerne, je n'y parviens pas. 

 

D’accord, je n’ai jamais fait de tube… Pourtant, j'ai envie de mettre une chanson plus drôle sur ce disque. Pas moins dénuée de sens, mais plus drôle. Jeanne, la fille d'Olivier, a commencé un texte sur les repas de Noël en famille et me l'a confié, au cas où cela pourrait m'aider, me donner un point de départ. L'idée me plait, je garde les premières phrases et commence à échafauder un scénario de repas de Noël qui tourne vinaigre. 

 

Situation cocasse, cynisme, tout y passe ! Pour la première fois, je me marre en écrivant une chanson. Je réussis à la terminer dans les temps mais je ne l'ai pas encore assez dans les doigts, ni dans la voix. Olivier me demande si ce n'est pas un peu prématuré de l'enregistrer là, tout de suite. Après tout, peut-être vaudrait-il mieux choisir "ce soir" que je connais parfaitement? 

 

Je réfléchis à peine à sa remarque. Il a peut-être raison, mais je n'ai pas envie de l'écouter. Je veux que cette dernière chanson, que j'ai baptisé "Vive Noël" figure sur l'EP et elle figurera. Je travaille de plus belle et parvient à en faire quelque chose de potable que j'envoie à Jean-Luc. Le son n'est pas bon, mon jeu pianistique est tremblant et basique, mais cela suffit amplement pour lui. En effet, il ne lui faut guère plus de quelques jours pour en faire quelque chose de propre, bien joué et surtout vivant. Comme pour les autres morceaux, nous faisons quatre prises. Je bafouille à plusieurs reprises, avec notamment un magnifique « je plane sur mon visage » à la place de « je plaque sur mon visage », vive le studio !

manicia-en-studio

 

Cependant, je ne regrette pas d'avoir suivi mon intuition. Cela apportera un peu de légèreté à l'ensemble, mais aussi parce qu’il se dégage toujours une émotion puissante et singulière, les premières fois que je chante une chanson. Elle disparait ensuite, remplacée par d'autres, différentes... Je ne peux la retrouver sur aucun de mes autres titres, puisque je les chante depuis plusieurs mois maintenant; je suis heureuse de l'avoir attrapé sur celui-ci !

 

Le jour de l'enregistrement de "Vive Noël", nous en profitons pour faire également quelques retouches sur les autres titres. Michel Basset, mon ami photographe (et auteur des photos de cet article), est présent ce jour-là, histoire de prendre quelques clichés pour immortaliser ces instants...

 

 

Mon EP, mon premier album est enregistré !

 

 

[...] La suite dans un deuxième article : L'histoire de mon premier CD Rêve d'Enfant : La Sortie

 

Crédits photographiques : Michel Basset 
+ crédit photographique à Fractaly pour la photo de Manicia & appareil photo.